La non reconnaissance du travail des femmes : Smith n’est pas coupable

Naïma Hamrouni

Résumé

Dans cet article, l’auteur revient sur les critiques que les économistes féministes ont adressées, au cours des vingt dernières années, à l’analyse que Smith fait du travail domestique et de soin des femmes et, plus largement, à la place qui est la leur dans la société capitaliste moderne. L’analyse proposée suggère que ces critiques ne sont pas toutes justifiées, et que la pensée smithienne est sans doute plus près du féminisme que de l’antiféminisme caractéristique de son époque.

Plan

  • Introduction
  • 1 – Donner un autre sens à l’improductivité du travail des femmes
    • 1.1 – Le travail productif et le travail non productif chez Smith : une dichotomie non genrée
    • 1.2 – Le premier égarement des économistes féministes
    • 1.3 – Le deuxième égarement des économistes féministes
    • 1.4 – L’utilité sociale du travail accompli par la mère au foyer
  • 2 – Au-delà du sophisme essentialiste : vers l’idée d’une construction sociale de l’inégalité des sexes
  • 3 – Une éducation qui destine les femmes au rôle de mère et d’épouse ?
  • 4 – Un autre avenir possible pour les femmes : l’indépendance économique
  • Conclusion

Article

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Bibliographie

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Mots-clés

Smith (Adam), Economie féministe, Femmes, Reconnaissance, Travail domestique

Knowledge, Communication and the Scottish Enlightenment

Résumé

Cet article étudie les idées qu’Adam Smith et ses contemporains (en particulier Hume) ont développé sur la rhétorique en relation avec leur philosophie et leur analyse économique, tout en les situant dans le contexte des Lumières Écossaises. Les débats sur le langage en Écosse à cette époque se démarquaient des approches traditionnelles, lesquelles mettaient l’accent sur la persuasion ou le style, pour insister sur une notion plus large de communication intégrant ces deux préoccupations. Ceci découlait d’un intérêt pour les différences de langage. Pour Smith, cela découlait aussi de sa philosophie morale dans laquelle la communication est un moyen de persuasion en l’absence d’arguments démontrables. Le système de rhétorique qu’il a alors construit s’appuyait sur une distinction entre la construction d’un savoir (temporaire) par une méthode expérimentale et la communication de ce savoir ; communication dans laquelle la sympathie joue un rôle crucial. Une compréhension plus précise des vues de Smith sur la communication et le rôle de la sympathie auraient pu conduire à des interprétations différentes de son analyse économique, souvent mal comprise du fait d’une mauvaise interprétation de sa rhétorique.

Plan

  • Introduction
  • Scottish moral philosophy
  • Smith’s rhetoric
  • Rhetoric and economic theory
  • Modern interpretation of Smith
  • Conclusion

Article

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Bibliographie

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Mots-clés

Smith (Adam), Rhétorique

Classification JEL : B3, B4

Inquiry into James Mill’s interpretation of Adam Smith’s love of praiseworthiness

Cet article analyse la relation entre James Mill et Adam Smith sur la question du désir d’être digne d’éloge. D’abord, il montre que Mill fut un lecteur de la Théorie des sentiments moraux de Smith. Ensuite, l’article explique la façon dont Mill interprète Smith à propos du désir d’être digne d’éloge. Selon le premier, bien que Smith « décrivait éloquemment » un tel désir, il n’en donnait pas la fondation analytique. James Mill se proposa alors de la donner, à savoir, une sorte de calcul moral utilitariste. Enfin, l’article questionne cette interprétation, en montrant que s’il existe bien quelques passages assez proches de celle-ci, Mill n’est pas fidèle à la théorie morale de Smith.

Plan

  • Introduction
  • Mill on Smith’s love of praiseworthiness: a matter of moral calculation
    • James Mill: a reader of Adam Smith
    • Natural dignity as the object of moral calculation
    • The moral calculation as the foundation of the love of praiseworthiness
  • Is Mill’s interpretation faithful to TMS?
    • The object of the love of praiseworthiness
    • The foundation of the love of praiseworthiness: a virtuous intended action producing pleasurable consequence
    • The love of praiseworthiness, pleasure and the question of its anticipation
  • Concluding remarks: a reductionist interpretation of Smith’s love of praiseworthiness

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Adam Smith on Savages

Dans l’œuvre d’Adam Smith il y a une tension entre une appréciation positive des capacités intellectuelles et morales du sauvage et la caractérisation de la première étape de l’histoire humaine comme un état de besoin et d’isolement qui est la cause de l’incapacité de la société primitive d’évoluer vers les étapes suivantes. J’illustre comment le post-scepticisme de Smith le met en mesure de mieux comprendre les sauvages que la plupart de ses contemporains et j’essaie de dessiner une reconstruction de sa vision du sauvage sur la base de sa psychologie et théorie de la connaissance. J’explore les tensions qu’il découvre dans la société civilisée où les vertus de la maitrise de soi sont affaiblies et celles de l’humanité sont cultivées parmi des groupes différents de ceux au pouvoir, parmi lesquels, au contraire, la recherche insensée de la richesse et du pouvoir domine. Enfin, je discute la tension entre la vision smithienne du sauvage comme proto-philosophe et sa vue alternative du sauvage comme proto-marchand.

Plan

  • An overview
  • 1 -The background: the new world controversy
  • 2 -Savages and philosophers
    • Language and inventions of imagination
    • Virtues of self-command and virtues of humanity
  • 3 -Savages and merchants
    • Unchanging human nature
    • The disposition to truck and barter and the division of labour among savages
    • The origins of money
  • 4 -Two views of the rude and early stage
  • Conclusions

JEL Codes : B 12 ; B 31 ; D 01 ; I 39 ; Z 13

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À propos des errances dans la réception japonaise de l’œuvre d’Adam Smith

La réception d’Adam Smith au Japon est l’occasion d’expériences variées de comparaison internationale et interdisciplinaire. Smith paraît ce que l’on pourrait déjà nommer un « philosophe-économiste » tout en étant regardé comme « l’économiste par excellence » et, au Japon aussi, le « professeur de tous les économistes ». Il continue d’y être considéré comme un représentant du libéralisme économique, ce qui prête à des erreurs et des errances que cet essai entend dénoncer. L’objet principal de ce texte est de présenter comment la doctrine smithienne a été conceptualisée au Japon sur les plans historique, social et intellectuel : ce n’est pas seulement la réception de sa théorie économique, mais aussi la relation à sa philosophie qui est questionnée.

Mots-clefs

Adam Smith, Histoire de la pensée économique au Japon, philosophie sensualiste au Japon.

Vanité, orgueil et self-deceit : l’estime de soi excessive dans la Théorie des Sentiments Moraux d’Adam Smith

Résumé

Cet article étudie la façon dont Adam Smith répond à Mandeville dans sa Théorie des Sentiments Moraux sur le rôle de la vanité et de l’orgueil dans la dynamique économique et sociale des sociétés commerciales. Nous montrons pourquoi la vanité prend le pas sur l’orgueil dans son analyse et comment il offre une vision plus positive de ces deux passions. Nous analysons en particulier les conséquences économiques et sociales de l’orgueil et de la vanité, et décrivons les fondements psychologiques de l’estime de soi excessive que ces passions incarnent.

Mots-clés : Smith, Mandeville, vanité, orgueil, self-deceit.

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Smith face au « système de l’optimisme » de Leibniz

Résumé

Le but de cet article est d’étudier en quoi la notion de système, développée par Smith, se différencie du système d’harmonie préétablie de Leibniz appelé aussi, au XVIIIe siècle, système de l’optimisme. Depuis les travaux de Jon Elster, nous connaissons l’influence du philosophe de Hanovre dans l’architectonique du capitalisme ou plutôt, devrions-nous ajouter, dans celle du laissez-faire. Nous savons, par ailleurs, qu’une controverse a opposé, au moment précis où Smith commençait à écrire son œuvre, les tenants du système de l’optimisme aux « newtoniens » dont les trois figures clés étaient en France d’Alembert et Condillac au plan épistémologique, Voltaire au niveau littéraire. Nous verrons que cette controverse, qui porte principalement sur le concept de liaisons ou de lois qui lient les éléments d’un système, traverse le siècle et prolonge celle qui a opposé Newton à Leibniz. Après avoir présenté le système de l’Optimisme, nous étudierons comment situer Smith dans ce débat. Pour cela, nous nous centrerons nos analyses sur trois points clés du système de l’optimisme : la notion de monade ; la notion même de système avec ses enjeux architectoniques, théoriques et politiques ; et enfin le problème de la maximisation. Cette étude nous conduira enfin à proposer une interprétation de la « main invisible » plus en empathie avec l’architectonique smithienne telle qu’elle se dévoile dans ce travail.

Mots-clés

Système de l’optimisme, Leibniz, Malebranche, Smith, Newton, Condillac, d’Alembert,  main invisible, Platon, Koyré, Elster, More.

Classification JEL : B10, H10, K20, K40

Adam Smith, précurseur des philosophies de l’histoire

Résumé

L’œuvre smithienne doit être lue comme un système reposant sur des principes épistémiques clairement identifiés unifiant les différents champs exploratoires : la morale, le droit et l’économie. Ces principes renvoient à la vision du monde d’Adam Smith, dans laquelle le Créateur a conçu les éléments du système, et particulièrement les hommes, de telle sorte qu’ils remplissent naturellement ses objectifs. Cette conception téléologique s’applique à l’histoire et à sa philosophie, dans des termes qui trouveront écho chez Kant et Hegel. L’articulation de l’histoire et de l’économie permet de définir un cours idéal du développement économique, mais aussi de comprendre la formation de cycles historiques qui marquent la lente et progressive marche vers le Progrès. Les tensions entre un cours idéal et un cours réel de l’histoire invitent alors à réinterpréter ses positions sur l’Etat et sa place dans la société marchande.

Mots-clés

Adam Smith, philosophie de l’histoire, libéralisme, matérialisme historique, ruse de la raison, main invisible, développement économique, théorie des quatre stades, lumières écossaises

Classification JEL : B12, B31