La non reconnaissance du travail des femmes : Smith n’est pas coupable

Dans cet article, l’auteur revient sur les critiques que les économistes féministes ont adressées, au cours des vingt dernières années, à l’analyse que Smith fait du travail domestique et de soin des femmes et, plus largement, à la place qui est la leur dans la société capitaliste moderne. L’analyse proposée suggère que ces critiques ne sont pas toutes justifiées, et que la pensée smithienne est sans doute plus près du féminisme que de l’antiféminisme caractéristique de son époque.

Knowledge, Communication and the Scottish Enlightenment

Cet article étudie les idées qu’Adam Smith et ses contemporains (en particulier Hume) ont développé sur la rhétorique en relation avec leur philosophie et leur analyse économique, tout en les situant dans le contexte des Lumières Écossaises. Les débats sur le langage en Écosse à cette époque se démarquaient des approches traditionnelles, lesquelles mettaient l’accent sur la persuasion ou le style, pour insister sur une notion plus large de communication intégrant ces deux préoccupations. Ceci découlait d’un intérêt pour les différences de langage. Pour Smith, cela découlait aussi de sa philosophie morale dans laquelle la communication est un moyen de persuasion en l’absence d’arguments démontrables. Le système de rhétorique qu’il a alors construit s’appuyait sur une distinction entre la construction d’un savoir (temporaire) par une méthode expérimentale et la communication de ce savoir ; communication dans laquelle la sympathie joue un rôle crucial. Une compréhension plus précise des vues de Smith sur la communication et le rôle de la sympathie auraient pu conduire à des interprétations différentes de son analyse économique, souvent mal comprise du fait d’une mauvaise interprétation de sa rhétorique.

Inquiry into James Mill’s interpretation of Adam Smith’s love of praiseworthiness

Cet article analyse la relation entre James Mill et Adam Smith sur la question du désir d’être digne d’éloge. D’abord, il montre que Mill fut un lecteur de la Théorie des sentiments moraux de Smith. Ensuite, l’article explique la façon dont Mill interprète Smith à propos du désir d’être digne d’éloge. Selon le premier, bien que Smith « décrivait éloquemment » un tel désir, il n’en donnait pas la fondation analytique. James Mill se proposa alors de la donner, à savoir, une sorte de calcul moral utilitariste. Enfin, l’article questionne cette interprétation, en montrant que s’il existe bien quelques passages assez proches de celle-ci, Mill n’est pas fidèle à la théorie morale de Smith.

Adam Smith on Savages

Dans l’œuvre d’Adam Smith il y a une tension entre une appréciation positive des capacités intellectuelles et morales du sauvage et la caractérisation de la première étape de l’histoire humaine comme un état de besoin et d’isolement qui est la cause de l’incapacité de la société primitive d’évoluer vers les étapes suivantes. J’illustre comment le post-scepticisme de Smith le met en mesure de mieux comprendre les sauvages que la plupart de ses contemporains et j’essaie de dessiner une reconstruction de sa vision du sauvage sur la base de sa psychologie et théorie de la connaissance. J’explore les tensions qu’il découvre dans la société civilisée où les vertus de la maitrise de soi sont affaiblies et celles de l’humanité sont cultivées parmi des groupes différents de ceux au pouvoir, parmi lesquels, au contraire, la recherche insensée de la richesse et du pouvoir domine. Enfin, je discute la tension entre la vision smithienne du sauvage comme proto-philosophe et sa vue alternative du sauvage comme proto-marchand.