L’entrepreneur dans le libertarisme de gauche, une discussion critique

L’objectif de ce papier est double : d’une part défendre l’idée que la théorie de la justice proposée par le libertarisme de gauche fait de la figure de l’entrepreneur une éminence grise, centrale, bien que très rarement mentionnée et, d’autre part, discuter les critiques qui ont été adressées à cette théorie de la justice.

Préférer le présent pour mieux concilier justice sociale au sein et entre les générations

Nous défendons l’application d’une préférence pure pour le présent positive au niveau social spécifique, consistant à accorder une priorité relative à la réalisation de la justice sociale au sein des générations. Cela permet selon nous de mieux concilier des exigences de justice sociale entre les générations et au sein de celles-ci. Une telle priorité est possible et souhaitable pour les vivants comme pour les individus futurs dès lors qu’elle est appliquée au sein d’un système de coopération intergénérationelle dont nous précisons les modalités.

Devenir soi-même sous l’exigence de justice devant autrui. Levinas, la justice pour autrui et la critique des théories de la justice sociale

La philosophie de Levinas pense la justice depuis l’événement d’autrui qui surgit et arrache le moi à son intériorité jouissant des nourritures, constituant une totalité économique. L’agent économique ne devient soi-même que par cette interpellation qui le soumet à une exigence de justice pour autrui. Qu’advient-il de l’économie lorsque la relation avec autrui est pensée avec la radicalité qui est celle de la philosophie de Levinas ? Et si l’absolutisation du Moi comme point de départ de la théorisation de l’économie conduit à l’injustice, voire même constitue la forme première de l’injustice, comment se conçoit alors la justice en posant l’antériorité d’autrui sur soi-même ? Quelles sont alors les limites des théories de la justice sociale sous cette dernière perspective ? La justice sociale avec ses institutions s’en trouve-t-elle définitivement condamnée ? Cet article se propose de répondre à ces questions et de discuter la pertinence des théories de la justice sous la perspective ouverte par la pensée de Levinas. En conclusion, la question de la possibilité de la justice économique est posée.

« Le mirage de la justice sociale » : faut-il craindre qu’Hayek n’ait raison ?

En matière de justice sociale, la position de Hayek suscite un commentaire ambivalent : sous-produit d’une démarche évolutionniste, sa cohérence et son réalisme sont difficiles à prendre en défaut ; conséquence de fortes convictions libérales, la formulation adoptée est souvent provocante. A l’égard du  » mirage de la justice sociale « , on soutiendra ici que le point de vue hayékien est moins radical qu’il n’y paraît : d’une part, les règles abstraites de justice traduisent, par leur impartialité, une conception exigeante de la justice en société, d’autre part le souci de Hayek d’amortir le risque du marché pourrait être mieux satisfait par une réelle allocation universelle que par le revenu minimum que lui-même préconise.