Sur le statut épistémologique de l’hypothèse d’efficience des marchés

Guillaume Vuillemey

Résumé

Cet article clarifie le statut de l’entreprise par rapport à la structure de base rawlsienne. Ce statut est ambigu, du fait d’incertitudes liées à la conception rawlsienne de l’entreprise ainsi qu’à sa définition de la structure de base. L’article identifie deux représentations principales de l’entreprise chez Rawls : l’une inclusiviste, qui définit l’entreprise comme une entité ontologiquement distincte de la structure de base ; l’autre constitutiviste, qui l’appréhende comme une institution susceptible d’appartenir à la structure de base. L’article recense ensuite différentes interprétations de la structure de base avant d’en proposer une plus large, y intégrant notamment certaines structures informelles. Articulée à la conception institutionnaliste de l’entreprise, cette définition large de la structure de base débouche sur une représentation constitutiviste étendue de l’entreprise, permettant ainsi au libéralisme égalitaire de considérer cette dernière d’un œil plus critique.

Plan

  • Introduction
  • L’hypothèse d’efficience et ses détracteurs
  • L’hypothèse d’efficience des marchés comme proposition empirique
  • L’hypothèse d’efficience comme système de définitions
  • La rupture épistémologique
  • Un nouveau paradigme ancré dans un nouveau système de définitions
  • Conclusion

Article

[L’article peut être lu en intégralité sur Cairn]

Bibliographie

  • Alajbeg Denis, Bubas Zoran et Sonje, Velimir. 2012. « The Efficient Market Hypothesis : Problems with Interpretations of Empirical Tests ». Financial Theory and Practice, n°1, p. 53-72.
  • Bachelier Louis. 1900. Théorie de la spéculation, p. 21-86. Paris : Annales scientifiques de l’Ecole normale supérieure.
  • En ligneBall Ray et Philip BROWN. 1968. « An Empirical Evaluation of Accounting Income Numbers ». Journal of Accounting Research, vol. 6, n°2, p. 159-178.
  • Caldwell Bruce. 1991. « The Methodology of Scientific Research Programmes in Economics : Criticisms and Conjectures ». In G.K. SHAW (ed.), Economic, Culture and Education : Essays in Honour of Mark Blaug, p. 95-107. Aldershot : Elgar.
  • Campbell John, Lo Andrew et Craig Mackinlay. 1997. The Econometrics of Financial Markets. Princeton : Princeton University Press.
  • Challe Edouard. 2008. « Valeur fondamentale et efficacité informationnelle ». In Christian WALTER et Eric BRIAN (dir.), 2008, Critique de la valeur fondamentale. Paris : Springer.
  • En ligneDimson Elroy et Massoud Mussavian. 1998. « A Brief History of Market Efficiency ». European Financial Management, vol. 4 n°1, p. 91-193.
  • Espinoza Raphael et Miguel Segoviano. 2011. « Probabilities of Default and the Market Price of Risk in a Distressed Economy ». IMF Working Paper, n°11/75.
  • Fama Eugene. 1965a. « Random Walks in Stock Market Prices ». Graduate School of Business, Selected Papers n°16, University of Chicago.
  • En ligneFama Eugene. 1965b. « The Behaviour of Stock Market Prices ». Journal of Business, vol. 38, n°1, p. 34-105.
  • En ligneFama Eugene. 1970. « Efficient Capital Markets : A Review of Theory and Empirical Work ». Journal of Finance, vol. 25 n°2, p. 383-417.
  • En ligneFama Eugene. 1998. « Market Efficiency, Long-Term Returns and Behavioral Finance ». Journal of Financial Economics, vol. 49, n°3, p. 283-306.
  • Fama Eugene, Lawrence Fisher, Michael Jensen et Richard Roll. 1969. « The Adjustment of stock prices to new information ». International Economic Review, vol. 10.
  • En ligneFlannery Mark et Christopher James. 1984. « Market Evidence on the Effective Maturity of Bank Assets and Liabilities ». Journal of Money, Credit and Banking, vol. 16, n°4, p. 435-445.
  • Grossman Sanford et Joseph E. Stiglitz. 1980. « On the Impossibility of Informationally Efficient Markets ». American Economic Review, vol. 70, n°3.
  • Hands Wade. 1993. « Popper and Lakatos in Economic Methodology ». In Mäki USKALI, Gustafsson BO et Christian KNUDSEN. 1993, Rationality, Institutions and Economic Methodology. Routledge.
  • En ligneHarrison Michael et David KREPS. 1979. « Martingales and Arbitrage in Multiperiod Securities Markets ». Journal of economic Theory, vol. 20, p. 381-408.
  • En ligneHarrison Michael et Stanley Pliska. 1981. « Martingales and Stochastic Integrals in the Theory of Continuous Trading ». Stochastic Processes and Applications, vol. 11, p. 215-260.
  • Haugen Robert et Josef Lakonishok. 1988. The Incredible January Effect. Homewood : Dow Jones-Irvin.
  • Hudson Richard et Benoît Mandelbrot. 2004. The (Mis)behavior of Markets : A Fractal View of Risk, Ruin and Reward. New York : Basic Books.
  • En ligneJensen Michael. 1968. « The Performance of Mutual Funds in the Period 1945-64 ». Journal of Finance, vol. 23, p. 389-416.
  • En ligneJensen Michael. 1978. « Some Anomalous Evidence Regarding Market Efficiency ». Journal of Financial Economics, vol. 6, n°2, p. 95-101.
  • En ligneJohnson Bruce, Robert Magee, Nandu Nagarajan et Harry Newman. 1985. « An Analysis of Stock Price Reaction to Sudden Executive Death ». Journal of Accounting and Economics, vol. 7, p. 151-174.
  • En ligneKeim Donald B. 1983. « Size-Related Anomalies and Stock Return Seasonality : Further Empirical Evidence ». Journal of Financial Economics, vol. 12, p. 13-32.
  • En ligneLakatos Imre. 1970. Criticism and the Growth of Knowledge. Cambridge : Cambridge University Press.
  • Latsis Spiro. (ed.). 2008. Method and appraisal in economics. Cambridge : Cambridge University Press, (1 re edition 1976).
  • Leroy Stephen. 1989. « Efficient Capital Markets and Martingales ». Journal of Economic Literature, vol. 27, n°4, p. 1583-1621.
  • Lo Andrew W. 2007. « Efficient Markets Hypothesis ». In L. BLUME et S. DURLAUF, The New Palgrave : A Dictionary of Economics. New York : Palgrave MacMillan.
  • Lo Andrew W. et Craig A. Mackinlay. 1999. A Non-Random Walk Down Wall Street. Princeton : Princeton University Press.
  • Mackinlay Craig. 1997. « Event Studied in Economics and Finance ». Journal of Economic Literature, vol. 35, p. 13-39.
  • En ligneMalkiel Burton G. 1995. « Returns from Investing in Equity Mutual Funds 1971 to 1991 ». Journal of Finance, vol. 50, n°2, p. 549-72.
  • En ligneMalkiel Burton G. 2003. « The Efficient Market Hypothesis and Its Critics ». Journal of Economic Perspectives, vol. 17, n°1, p. 59-82.
  • En ligneQuine Willard Van Orman. 1951. « Two Dogmas of Empiricism ». The Philosophical Review, vol. 60, p. 20-43.
  • Samuelson Paul A. 1965. « Proof that Properly Anticipated Prices Fluctuate Randomly ». Industrial Management Review, vol. 6, n°2, p. 41.
  • En ligneShiller Robert J. 2003. « From Efficient Markets Theory to Behavioral Finance ». The Journal of Economic Perspectives, vol. 17, n°1, p. 83-104.
  • En ligneWalter Christian. 1996. « Une histoire du concept d’efficience sur les marches financiers ». Annales. Histoire, Sciences sociales, vol. 51, n°4, p. 873-905.
  • En ligneWalter Christian et Eric BRIAN (dir.). 2008. Critique de la valeur fondamentale. Paris : Springer.
  • Vuillemey Guillaume. 2014. « Epistemological foundations for the assessment of risks in banking and finance ». Journal of Economic Methodology, (à paraître).

Mots-clés

Entreprise, Institution, Justice, Rawls (John), Structure de base

L’entreprise fait-elle partie de la structure de base rawlsienne ?

Résumé

Cet article clarifie le statut de l’entreprise par rapport à la structure de base rawlsienne. Ce statut est ambigu, du fait d’incertitudes liées à la conception rawlsienne de l’entreprise ainsi qu’à sa définition de la structure de base. L’article identifie deux représentations principales de l’entreprise chez Rawls : l’une inclusiviste, qui définit l’entreprise comme une entité ontologiquement distincte de la structure de base ; l’autre constitutiviste, qui l’appréhende comme une institution susceptible d’appartenir à la structure de base. L’article recense ensuite différentes interprétations de la structure de base avant d’en proposer une plus large, y intégrant notamment certaines structures informelles. Articulée à la conception institutionnaliste de l’entreprise, cette définition large de la structure de base débouche sur une représentation constitutiviste étendue de l’entreprise, permettant ainsi au libéralisme égalitaire de considérer cette dernière d’un œil plus critique.

Plan

  • Introduction – l’entreprise face au libéralisme égalitaire
  • L’entreprise dans le modèle institutionnel rawlsien
    • La structure de base
    • Actions personnelles et organisations
    • Positionner l’entreprise : exclusivisme, inclusivisme ou constitutivisme ?
    • Enjeux pour l’entreprise face à la justice libérale égalitaire
    • À la recherche d’un critère de constitutivité de la structure de base
  • Critères de constitutivité de la structure de base et statut de l’entreprise
    • Des unions sociales centrales dans la vie des gens – Taylor
    • Des conventions légales aux effets profonds – O’Neill
    • Des institutions fonctionnellement nécessaires – Freeman
    • Des structures formelles et informelles aux effets profonds – G. A. Cohen
    • Des institutions affectant les perspectives d’une position sociale pertinente
  • Conclusion

Article

[L’article peut être lu en intégralité sur Cairn]

Bibliographie

  • Chauvier, Stéphane. 2004. « Biens premiers et besoins fondamentaux ». Dans Rawls. Politique et métaphysique, éd. Catherine Audard, p. 63-94. Paris : Presses Universitaires de France.
  • En ligneCohen, Gerald A. 1997. « Where the Action is : On the Site of Distributive Justice ». Philosophy and Public Affairs, vol. 26, n° 1, p. 3-30.
  • Cohen, Gerald A. 2000. If You’re are an Egalitarian, How Come You’re So Rich ? London, Cambridge (Mass.) : Harvard University Press.
  • Cohen, Gerald A. 2008. Rescuing Justice and Equality. London, Cambridge (Mass.) : Harvard University Press.
  • Eymard-Duvernay, Francois. 2004. Économie politique de l’entreprise. Paris : Éditions La Découverte.
  • En ligneFama, Eugene F. 1980. « Agency Problems and the Theory of the Firm ». Journal of Political Economy, vol. 88, n° 2, p. 288-307.
  • En ligneFama, Eugene F. et Michael C. Jensen. 1983. « Separation of Ownership and Control ». Journal of Law and Economics, vol. 26, n° 2, p. 301-325.
  • Favereau, Olivier et Pierre Picard. 1996. « L’approche économique des contrats : unité ou diversité ? ». Sociologie du travail, vol. 38, n° 4, p. 441-464.
  • Freeman, Samuel. 2007. Rawls. Milton Park, New York : Routledge.
  • Guillarme, Bertrand. 1999. Rawls et l’égalité démocratique. Paris : Presses Universitaires de France.
  • En ligneHeath, Joseph, Jeffrey Moriarty et Wayne Norman. 2010. « Business Ethics and (or as) Political Philosophy ». Business Ethics Quarterly, vol. 20, n° 3, p. 427-452.
  • En ligneHussain, Waheed. 2009. « The Most Stable Just Regime ». Journal of Social Philosophy, vol. 40, n° 3, p. 412-433.
  • Nussbaum, Martha C. 1990. « Aristotelian Social Democracy ». Dans Liberalism and the Good, éd. R. Bruce Douglass, Gerald M. Mara et Henry S. Richardson, p. 203-252. New York, London : Routledge.
  • O’Neill, Martin. 2008. « Three Rawlsian Routes towards Economic Democracy ». Revue de Philosophie économique, vol. 9, n° 1, p. 29-55.
  • O’Neill, Martin. 2009. « Entreprises et conventionnalisme : régulation, impôt et justice sociale ». Raison publique, n° 10, p. 171-200.
  • O’Neill, Martin et Thad Williamson (éds). 2012. Property-Owning Democracy : Rawls and Beyond. Malden (MA), Oxford : Wiley-Blackwell.
  • Okin, Susan Moller. 2008 [1989]. Justice, genre et famille, trad. Ludivine Thiaw-Po-Une. Paris : Flammarion.
  • Rawls, John. 1987 [1971]. Théorie de la justice, trad. Catherine Audard. Paris : Éditions du Seuil.
  • Rawls, John. 1995 [1993]. Libéralisme politique, trad. Catherine Audard. Paris : Presses Universitaires de France.
  • Rawls, John. 2003 [2001]. La justice comme équité : une reformulation de théorie de la justice, trad. Bertrand Guillarme. Paris : Editions La Découverte.
  • Robé, Jean-Philippe. 2011. « The Legal Structure of the Firm ». Accounting, Economics and Law, vol. 1, n° 1, Article 5.
  • Tan, Kok-Chor. 2004. « Justice and Personal Pursuits ». The Journal of Philosophy, vol. 101, n° 7, p. 331-362.
  • En ligneTaylor, Robert S. 2004. « Self-Realization and the Priority of Fair Equality of Opportunity ». Journal of Moral Philosophy, vol. 1, n° 3, p. 333-347.
  • Van Parijs, Philippe. 2003. « Difference Principle ». Dans The Cambridge Companion to Rawls, éd. Samuel Freeman, p. 200-240. Cambridge : Cambridge University Press.
  • Weinstein, Olivier. 2008. « Quelques controverses théoriques. L’entreprise dans la théorie économique ». Cahiers Français, n° 345, p. 91-96.
  • En ligneWitztum, Amos. 2008. « Corporate Rules, Distributive Justice and Efficiency ». Business Ethics Quarterly, vol. 18, n° 1, p. 85-116.

Mots-clés

Entreprise, Institution, Justice, Rawls (John), Structure de base

Rawls et l’utilitarisme classique : une vision parétienne

Résumé

Les relations controversées entre Rawls et l’utilitarisme classique sont toujours étudiées à travers le prisme kantien. Pourtant, historiquement, c’est le rapprochement avec Pareto qui doit s’imposer pour comprendre les fondements de la critique rawlsienne de l’utilitarisme. La genèse de la position originelle met au premier plan le désintérêt mutuel et non le voile d’ignorance, cette volonté de construire une théorie concurrente à l’utilitarisme à partir des individus en conflit, par respect des intérêts individuels est un argument parétien. D’ailleurs, les critiques adressées par Rawls et Pareto à Bentham ont de nombreux points communs. Mais pour construire une théorie de la justice, il faut une forme de mesure commune des désirs, et cette idée est étrangère à la doctrine parétienne. L’étude de la relation entre Pareto et Rawls sur le thème de l’utilitarisme classique doit également souligner cette divergence et tenter de l’interpréter. Nous défendrons l’idée suivante. Cette forme de commensurabilité parétienne est le pendant du désir kantien. Dans les débats sur les relations que Rawls entretient avec l’utilitarisme, ces deux notions sont au cœur des interprétations.

Mots-clés

Rawls,  Pareto, utilitarisme

Classification JEL : A13 ; B20

Ni perfectionniste ni welfariste : l’indice premiers est possible

Résumé

Rawls a proposé de comparer la situation socio-économique des individus (ou groupes sociaux) sur la base de leurs biens premiers, mesurés par un indice synthétique. Les commentateurs ont repéré un dilemme à propos de cet indice. S’il est le même pour tous les individus, il ne respecte pas leurs préférences et reflète un certain perfectionnisme. Mais s’il respecte les préférences individuelles, l’indice n’est qu’une simple fonction d’utilité et la théorie rawlsienne retombe dans le welfarisme. Cet article montre comment l’indice de biens premiers peut respecter les préférences individuelles sans pour autant être un simple indice d’utilité subjective. Le choix de la forme précise de l’indice dépend de principes d’équité dans la répartition des ressources. En outre, le recours au critère du maximin (ou principe de différence, donnant la priorité aux plus défavorisés) reçoit dans cette perspective une justification nouvelle.

Mots-clés

biens premiers, Rawls, welfarisme, perfectionnisme, choix social, Arrow.

Classification JEL : D60, I31.

Rawls a-t-il une conception de la citoyenneté ?

Résumé

La conception traditionnelle de la citoyenneté : intégration et création d’une communauté nationale solidaire, ne doit-elle pas être profondément modifiée en l’absence d’homogénéité culturelle des populations concernées ? A ce souci, Rawls répond par une solution complexe qui est celle d’un libéralisme « politique » dans lequel les questions politiques essentielles qui concernent, par exemple, la Constitution ou les débats de principe, seraient réglées grâce à des principes dérivés de la conception que les citoyens se font d’eux-mêmes : comme des personnes libres et égales, donc sans faire intervenir de référence à des valeurs personnelles ou à des conceptions substantielles du Bien. Cette solution implique donc une conception de la citoyenneté qu’à partir d’une réflexion sur le dialogue entre Habermas et Rawls, on cherchera à dégager, plutôt du côté d’une réinterprétation de la « position originelle » que dans la conception politique de la personne que Rawls propose.

Mots-clés

pluralisme, droits, bien, participation politique, constitution, identité morale, « position originelle », républicanisme, libéralisme.

Classification JEL : A12, B31.

Quelques souvenirs de John Rawls

Serge-Christophe Kolm

Résumé

Ces lignes relatent, en résumé, la partie scientifique de près de quarante années de discussions avec John Rawls. Leur intérêt, si elles en ont un, peut provenir de trois contributions. D’une part, cette relation montre la genèse des concepts et de la pensée de John Rawls. D’autre part, elle implique une critique de ces concepts, en montrant la façon dont John Rawls faisait face à celle-ci. Enfin, cette description fait ressortir un aspect essentiel de l’histoire de la philosophie politique, la singularité de la pensée anglo-saxonne en ce domaine, face au reste du monde et notamment à la pensée développée en France. Rawls est d’abord le philosophe qui aura remis la philosophie politique anglo-saxonne sur le chemin de la normalité fondée sur la liberté et l’égalité après deux siècles de dogmatisme benthamien.

Mots-clés

justice, égalité, liberté, utilitarisme

Classification JEL : B31, D63

Savamment juste. Notes sur l’épistémologie de la position originelle

Résumé

L’article montre que l’idée de position originelle est porteuse d’une conception inadéquate sur la connaissance et se demande ensuite si cette conception affecte sa robustesse en tant que modèle d’impartialité. Cette vision d’une connaissance séparée ou détachable d’un esprit (trop) indépendant est contrastée avec une approche plus constitutive que Rawls avait dans son Outline for a Decision Procedure in Ethics : là, les juges compétents possèdent, non pas de simples connaissances, mais des vertus intellectuelles. La première suggestion est que, plus l’approche est constitutive, moins elle est consistante avec la symétrie des personnes. La deuxième suggestion est que, si la thèse du volontarisme doxastique direct est fausse, la position originelle ne peut pas être un guide du raisonnement tel qu’elle l’entend. Enfin, si ces arguments sont corrects, ils affaiblissent la thèse selon laquelle la position originelle exprime la justice procédurale dure.

Mots-clés

Rawls, position originelle, égalité, esprit, connaissance, volontarisme doxastique

Classification JEL : A13, D63