L’exigence éthique et la tarification à l’activité à l’hôpital

Résumé

La difficulté des acteurs de santé à intégrer le critère éthique de l’équité dans leur décision est en partie liée aux émotions déclenchées par la perception sensible des patients. Le souci d’une distribution rationnelle des ressources sanitaires en fonction des besoins de la collectivité n’a pas l’intensité émotionnelle de la compassion. L’intégration progressive de la tarification à l’activité dans les établissements de soin offre l’avantage de relativiser l’influence des émotions spontanées dans la décision médicale. Cependant, elle présente l’inconvénient de favoriser la rentabilité plutôt que l’équité.

Plan

  • Introduction
  • I -Facteurs d’émergence des cas de conscience
    • 1 -Les ressorts affectifs de la réflexion éthique
    • 2 -Le blocage de la révision émotionnelle par l’habitus égalitariste
    • 3 -Relance du processus de révision par l’angoisse
    • 4 -L’exigence éthique de maintenir la pensée en crise
  • II -Évaluer les actes pour rationaliser les décisions à l’hôpital
  • Conclusion

Article

[L’article peut être lu en intégralité sur Cairn]

Bibliographie

  • Aurenche S., 1999, L’euthanasie, la fin d’un tabou ?, Strasbourg, Droit de regard-European Science Foundation.
  • Beauchamp T.L. and Childress J., 2001 (1979), Principles of Biomedical Ethics, 5 e ed. Oxford, Oxford UP.
  • Berten A., 2001 (1996), « Déontologisme », dans M. Canto-Sperber (dir.), Dictionnaire d’éthique et de philosophie morale, Paris, PUF.
  • CCNE, 2008, Avis n°101, « Santé, éthique et argent : les enjeux éthiques de la contrainte budgétaire sur les dépenses de santé en milieu hospitalier », Les Cahiers du CCNE, n°54.
  • Crémieux F. et Deugnier M., 2007, « Principes de régulation des dépenses hospitalières », Esprit, n°331, p. 32-39.
  • Descartes R., 1989 (1649), Les passions de l’âme, dans Œuvres philosophiques, vol. III, Paris, Bordas.
  • Dupuy J.P., 1999, Éthique et philosophie de l’action, Paris, Ellipses.
  • Grimaldi A. et Timsit J., 2006, « Hôpital entreprise contre hôpital public », Le monde diplomatique, n°630.
  • Heidegger M., 1966 (1959), Sérénité, dans Question III, Paris, Gallimard.
  • Hume D., 1969 (1739), A Treatise of Human Nature, E.C. Mossner (ed.), Baltimore, Penguin Books.
  • Jeanblanc A., 2008, « La polémique Le Coz », Le Point, n°1875.
  • Jonas H., 2000, Une éthique pour la nature, Paris, Desclée de Brouwer.
  • Kant E., 2009 (1783), Fondements de la métaphysique des mœurs, trad. fr. V. Delbos, rééd. Paris, Vrin.
  • Kress J.J., 1998, « Éthique de la décision thérapeutique en psychiatrie », dans J.?M. Mantz, P. Grandmottet et P. Queneau (dir.), Éthique et thérapeutique, témoignages européens, Strasbourg, Presses Universitaires de Strasbourg.
  • Le Coz P., 2007, Petit traité de la décision médicale, Paris, Seuil.
  • Lévinas E., 1984, Éthique et infini, Paris, Livre de Poche.
  • Livet P., 2002, Émotions et rationalité morale, Paris, PUF.
  • – 2002, « Emotions, Revision, and the Explanation of Emotional Actions », European Review of Philosophy, vol. 5.
  • Mill J.-S., 1988 (1861), L’Utilitarisme, trad. fr. G. Tanesse, Paris, Flammarion.
  • Mounier E., 1949, Le Personnalisme, Paris, PUF.
  • Nietzsche F., 1974 (1895), L’Antéchrist, Paris, Gallimard.
  • René L. (dir.), 1996, Code de déontologie, Paris, Seuil.
  • Scheler M., 1954 (1923), The Nature of Sympathy, Londres, Routledge & Kegan Paul.
  • Schopenhauer A., 1984 (1818), Le Monde comme volonté et comme représentation, supplément au livre premier, trad. fr. A. Burdeau, Paris, PUF.
  • Singer P., 1994, Should Baby Lives ?, Oxford, Oxford UP.
  • Smith A., 1999 (1759), Théorie des sentiments moraux, trad. fr. M. Biziou, Paris, PUF.
  • En ligneStocker M., 1983, « Psychic Feelings ; their Importance and their Irreducibility », Australasian Journal of Philosophy, vol. 61.
  • Weber J.-C., 2008, « Lettre à la rédaction : de la non-pertinence hospitalière à l’impertinence de la médecine », La Revue de médecine interne, n°29.

Mots-clés

Ethique, Décision, Révision émotionnelle, Compassion, Crainte, Angoisse, Egalitarisme, Utilitarisme, Equité, Tarification à l’activité

Economic Writing on the Pressing Problems of the Day: The Roles of Moral Intuition and Methodological Confusion

Résumé

On fait souvent appel aux économistes pour aider à adresser les problèmes d’actualité, néanmoins, beaucoup d’économistes semblent être mal à l’aise quand il est question de révéler les jugements de valeur qu’ils apportent à ce travail. Cet essai argumente que deux croyances « traditionnelles » centrales auxquelles les économistes adhèrent implicitement contribuent à ce phénomène. Elles sont, premièrement, que la recherche économique « scientifique » empêche l’engagement éthique et la réflexion et, deuxièmement, que les gens pensent fondamentalement à leur propre intérêt dans toutes leurs transactions économiques.

L’essai argumente que ces « croyances traditionnelles » sont en contradiction avec la pratique scientifique établie (valide) et qu’elles persistent, en grande partie, à cause de préjudices de longue date dans la profession. Le développement historique de ces croyances est explore brièvement, avec référence à l’histoire féministe et la philosophie des sciences. La recherché empirique récente sur l’intuition éthique par des chercheurs tells que le psychologue Jonathan Haidt démontre également que le traitement traditionnel de l’éthique comme étant purement une question de principes rationnels est inadéquat. Ces écrits récents démontrent l’importance incontournable des facteurs sociaux et émotionnels dans le jugement éthique, et la présence inévi- table du jugement éthique même à l’intérieur de la recherche « scientifique ».

La tension entre être concerné par les problèmes qui confrontent le monde, d’un côté, et produire des écrits au sein de la culture courante de la discipline économique dominante, de l’autre, est illustrée par des exemples provenant d’écrits d’économistes qui se concernent pour l’inégalité, la pauvreté, le changement climatique, et les problèmes de prise de décision dans le domaine financier. Les auteurs examinés comprennent Lawrence Summers, Jeffrey Sachs, Sir Nicholas Sern, William Nordhaus, George Loewenstein, et Partha Dasgupta. A cause de compréhensions appauvries de l’intuition et de la méthodologie morales, ces écrits tendent soit à cacher les jugements éthiques implicites sous un voile d’« objectivisme » invalide, soit à s’appuyer excessivement sur des appels moraux axés sur le propre intérêt ou rationalistes. Un tel échec à gérer adéquatement l’intuition morale compromet sérieusement la qualité de la recherche économique. Malheureusement, cet échec a peut-être aussi pour conséquence d’encourager un accroissement de comportements axés sur le propre intérêt dans la population au sens large du terme.

L’essai propose que des améliorations des compréhensions des rôles de la méthodologie et l’intuition morale pourraient mener à des formes de pratique de l’analyse économique qui sont plus responsables, « fortement objectives », et plus utiles pour la politique publique.

Plan

  • Introduction
  • The origin of the folk beliefs
    • Historical Antecedents
    • An Explanation of Persistence
  • Towards more adequate understandings
    • What About Objectivity?
    • What about Ethics?
  • Analyzing the texts
    • The Positivist Extreme
    • Ethical Positions
    • The Negative Effects of the Self-Interest Folk Belief
  • Conclusion

Article

[L’article peut être lu en intégralité sur Cairn]

Bibliographie

  • Backhouse R.E. 1994, “The Lakatosian Legacy in Economic Methodology”, in New Directions in Economic Methodology, R.E. Backhouse (ed.), London, Routledge, p. 173-191.
  • Baer P., Athanasiou T. and Kartha S. 2007, “The Right to Development in a Climate Constrained World: The Greenhouse Development Rights Framework”, Publication Series on Ecology, Berlin, Heinrich Böll Siftung.
  • Bennett D. 2008, “Paradigm Lost: Economists Missed the Brewing Crisis. Now Many Are Asking: How Can We Do Better”, Boston Sunday Globe, December 21.
  • Bombardieri M. 2005, “Summers’ Remarks on Women Draw Fire”, Boston Globe, January 17.
  • Bordo S. 1986, “The Cartesian Masculinization of Thought”, Signs: Journal of Women in Culture and Society, vol. 11, n° 3, p. 439-456.
  • Calmes J. 2008, “Rubinomics Recalculated”, New York Times, n° 158, November 24.
  • En ligneCaplin A. 2008, “Economic Theory and Psychological Data: Bridging the Divide”, in The Foundations of Positive and Normative Economics: A Handbook, A. Caplin and A. Schotter (eds.), Oxford, Oxford UP, p. 336-372.
  • — and Schotter A. (eds.) 2008, The Foundations of Positive and Normative Economics: A Handbook, Oxford, Oxford UP.
  • Dasgupta P. 2005, “What Do Economists Analyze and Why: Values or Facts?”, Economics and Philosophy, vol. 21, p. 221-278.
  • – 2007a, Economics: A Very Short Introduction, Oxford, Oxford UP.
  • – 2007b, “Reply to Putnam and Walsh”, Economics and Philosophy, vol. 23, p. 365-372.
  • Drèze J. and Sen A. 1989, Hunger and Public Action, Oxford, Clarendon.
  • Fee E. 1983, “Women’s Nature and Scientific Objectivity”, in Women’s Nature: Rationalizations of Inequality, M. Lowe and R. Hubbard (eds.), New York, Pergamon Press, p. 9-27.
  • En ligneFerber M.A. and Nelson J.A. (eds.) 1993, Beyond Economic Man: Feminist Theory and Economics, Chicago, University of Chicago Press.
  • – (eds.) 2003, Feminist Economics Today, Chicago, University of Chicago Press.
  • Folbre N. and Nelson J.A. 2006, “Why a Well-Paid Nurse Is a Better Nurse”, Nursing Economics, vol. 24, n° 3, p. 127-130.
  • En ligneFrank R.H., Gilovich T. and Regan D.T. 1993, “Does Studying Economics Inhibit Cooperation?”, Journal of Economic Perspectives, vol. 7, n° 2, p. 159-171.
  • Greene J.D., Sommerville R.B., Nystrom L.E., Darley J.M. and Cohen J.D. 2001, “An fMRI Investigation of Emotional Engagement in Moral Judgment”, Science, vol. 293 (Sept. 14), p. 2105?2108.
  • Greene J. and Haidt J. 2002, “How (and Where) Does Moral Judgment Work?”, Trends in Cognitive Science, vol. 6, n° 12, p. 517-523.
  • Gul F. and Pesendorfer W. 2008, “The Case for Mindless Economics”, in The Foundations of Positive and Normative Economics: A Handbook, A. Caplin and A. Schotter (eds.), Oxford, Oxford UP, p. 3?41.
  • En ligneHaidt J. 2001, “The Emotional Dog and Its Rational Tail: A Social Intuitionist Approach to Moral Judgment”, Psychological Review, vol. 108, n° 4, p. 814-834.
  • Harding S. 1986, The Science Question in Feminism, Ithaca, Cornell UP.
  • – 1995, “Can Feminist Thought Make Economics More Objective?”, Feminist Economics, vol. 1, n° 1, p. 7-32.
  • En ligneHenrich J., Boyd R., Bowles S., Camerer C., Fehr E. and Gintis H. (eds.) 2004, Foundations of Human Sociality: Economic Experiments and Ethnographic Evidence from Fifteen Small-Scale Societies, Oxford, Oxford UP.
  • Jennings A.L. (ed.) 1993, Public or Private? Institutional Economics and Feminism, Chicago, University of Chicago Press.
  • Keller E.F. 1985, Reflections on Gender and Science, New Haven (Conn.), Yale UP.
  • Loewenstein G. and Haisley E. 2008, “The Economist as Therapist: Methodological Ramifications Of ‘Light’ Paternalism”, in The Foundations of Positive and Normative Economics: A Handbook, A. Caplin and A. Schotter (eds.), Oxford, Oxford UP, p. 210-247.
  • Longino H. 1990, Science as Social Knowledge: Values and Objectivity in Scientific Inquiry, Princeton (NJ), Princeton UP.
  • En ligneMarshall A. 1898, “Distribution and Exchange”, Economic Journal, vol. 8, n° 29, p. 37-59.
  • McCloskey D.N. 1985, The Rhetoric of Economics, Madison (WI), University of Wisconsin Press.
  • Mill J.S. 1836, “On the Definition of Political Economy; and on the Method of Philosophical Investigation in That Science”, London and Westminster Review, p. 1-29.
  • En ligneMiller D.T. 1999, “The Norm of Self-Interest”, American Psychologist, vol. 54, n° 12, p. 1053-1060.
  • En ligneMost S.B., Verbeck Sorber A. and Cunningham J.G. 2007, “Auditory Stroop Reveals Implicit Gender Associations in Adults and Children”, Journal of Experimental Social Psychology, vol. 43, p. 287-294.
  • Nelson J.A. 1996, Feminism, Objectivity and Economics, London, Routledge.
  • – 2006, Economics for Humans, Chicago, University of Chicago Press.
  • Nordhaus W.D. 2007, “A Review of the Stern Review on the Economics of Climate Change”, Journal of Economic Literature, vol. 45, n° 3, p. 686?702.
  • – 2008, A Question of Balance: Weighing the Options on Global Warming Policies, New Haven, Yale UP.
  • Paine L.S. 2002, Value Shift, New York, McGraw-Hill.
  • Putnam H. and Walsh V. 2007a, “A Response to Dasgupta”, Economics and Philosophy, vol. 23, p. 359-364.
  • – 2007b, “Facts, Theories, Values and Destitution in the Works of Sir Partha Dasgupta”, Review of Political Economy, vol. 19, n° 2, p. 181-202.
  • Robbins L. 1935, An Essay on the Nature and Significance of Economic Science, London, Macmillan.
  • Sachs J.D. 2005, The End of Poverty: Economic Possibilities for Our Time, New York, Penguin Group.
  • Sen A. 1992, “Objectivity and Position”, The Lindley Lecture, University of Kansas.
  • Stern N. 2006, “Stern Review on the Economics of Climate Change”, London, HM Treasury.
  • – 2008, “The Economics of Climate Change”, American Economic Review, vol. 98, n° 2, p. 1-37.
  • Summers L. 2007, “Harness Market Forces to Share Prosperity”, The Financial Times, June 25.
  • – 2008, “The Future of Market Capitalism”, Keynote Address at the Harvard Business School Global Summit.
  • Tol R.S.J. 2008, “Why Worry About Climate Change? A Research Agenda”, Environmental Values, vol. 17, p. 437-470.
  • – 2009, “The Economic Effects of Climate Change”, Journal of Economic Perspectives, vol. 23, n° 2, p. 29-51.
  • Warren K.J. 2000, Ecofeminist Philosophy: A Western Perspective on What It Is and Why It Matters, Lanham (Maryland), Rowman & Littlefield.
  • En ligneWhitehead J.M. 1996, “Sex Stereotypes, Gender Identity, and Subject Choice at a-Level”, Educational Research, vol. 38, n° 2, p. 147-160.

Mots-clés

Ethique, Méthodologie, Propre intérêt, Economie féministe, Politique publique

Behavioral Paternalism

Résumé

Un nouveau type de paternalisme s’est développé ces dix dernières années sous l’impulsion de travaux innovateurs de certains économistes comportementaux. Ce nouveau type de paternalisme, que j’appelle ici paternalisme comportemental, s’est popularisé grâce à la théorie du « coup de pouce » de Richard Thaler et Cass Sunstein et remet en question l’idée selon laquelle le paternalisme serait inacceptable dans nos sociétés. L’objet de cet article est d’évaluer sa légitimité morale sans, néanmoins, se limiter à son supposé libertarianisme. Les résultats de mon investigation peuvent se résumer ainsi : bien que le paternalisme comportemental soit généralement reconnu pour son caractère libéral, il ne satisfait pas en fait les conditions de ce que Joel Feinberg nomme le « paternalisme mou ». Néanmoins, il possède des qualités morales sous-estimées par ses partisans. Il résiste d’abord très bien à la critique égalitariste d’Elizabeth Anderson. A la différence des formes traditionnelles de paternalisme, le paternalisme comportemental n’est pas dégradant et n’est pas ostracisant. Le paternalisme comportemental, enfin, peut se targuer d’être véritablement altruiste, à la condition, cependant, d’abandonner les hypothèses principales de Sunstein et Thaler.

Plan

  • Introduction
  • Behavioral paternalism
  • The liberal proviso
  • The egalitarian proviso
  • The altruistic proviso
  • Conclusion

Article

[L’article peut être lu en intégralité sur Cairn]

Références

  • Anderson Elizabeth. 1999. “What Is the Point of Equality?”. Ethics, vol.109 n°2, pp.287-337.
  • En ligneArneson Richard. 1980. “Mill versus Paternalism”. Ethics, vol.90 n°4, pp.470-489.
  • En ligneArneson Richard. 2000. “Luck Egalitarianism and Prioritarianism”. Ethics, vol.110 n°2, pp.339-349.
  • En ligneArneson Richard. 2005. “Joel Feinberg and the Justification of Hard Paternalism”. Legal Theory, n°11, pp.259-84.
  • En ligneAriely Dan, George Loewenstein and Drazen Prelec. 2003. “‘Coherent Arbitrariness’: Stable Demand Curves without Stable Preferences”. The Quarterly Journal of Economics, n°118, pp.73-105.
  • En ligneBaron Robert A. 1997. “The Sweet Smell of… Helping: Effects of Pleasant Ambient Fragrance on Prosocial Behavior in Shopping Malls”. Personality and Social Psychology Bulletin, vol.23 n°5, pp.498-503.
  • En ligneBaron Robert A., Marna I. Bronfen. 1994. “A Whiff of Reality: Empirical Evidence Concerning the Effects of Pleasant Fragrances on Work-Related Behavior”. Journal of Applied Social Psychology, vol.24 n°13, pp.1179-1203.
  • En ligneBaron Robert A., Jill Thomley. 1994. “A Whiff of Reality: Positive Affect as a Potential Mediator of the Effects of Pleasant Fragrances on Task Performance and Helping”. Environment and Behavior, vol.26 n°6, pp.766-784.
  • Blumenthal-Barby J.S. 2013. “Choice Architecture: A Mechanism for Improving Decisions while Preserving Liberty?”. In C. Coons and M. Weber (eds.), Paternalism. Theory and Practice, pp.178-196. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Blumenthal J.A. 2005. “Does Mood Influence Moral Judgment?: An Empirical Test with Legal and Policy Implications”. Law and Psychology Review, n°29, pp.1-28.
  • Blumenthal J.A. 2007. “Emotional Paternalism”. Florida State University Law Review, n°35, pp.1-72.
  • Blumenthal J.A. 2013. “A Psychological Defense of Paternalism”. In C. Coons and M. Weber (eds.), Paternalism. Theory and Practice, pp.197-215. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Brink David. 2013. Mill’s Progressive Principles. Oxford: Oxford University Press.
  • Buchanan Allen E. 1978. “Medical Paternalism”. Philosophy and Public Affairs, vol.7 n°4, pp.371-390.
  • Camerer Colin. 2006. “Wanting, Liking, and Learning: Neuroscience and Paternalism”. The University of Chicago Law Review, vol.73 n°87, pp.87-110.
  • En ligneCamerer Colin. 2007. “Neuroeconomics: Using Neuroscience to Make Economic Predictions”. The Economic Journal, vol. 117 n°519, pp.26-42.
  • Camerer Colin. 2008. “The Case of Mindful Economics”. In A. Caplin and A. Schotter (eds.), The Foundations of Positive and Normative Economics: A Handbook: A Handbook, pp. 43-69. New York: Oxford University Press.
  • En ligneCamerer Colin, Samuel Issacharoff, George Loewenstein, Ted O’Donoghue, and Matthew Rabin. 2003. “Regulation for Conservatives: Behavioral Economics and the Case for ‘Asymmetric Paternalism’”. University of Pennsylvania Law Review, vol.151 n°3, pp.1211-1254.
  • En ligneCamerer Colin, George Loewenstein, and Drazen Prelec. 2004. “Neuroeconomics: Why Economics Needs Brains”. Scandinavian Journal of Economics, vol.106 n°3, pp.555-579.
  • En ligneCamerer Colin, George Loewenstein, and Drazen Prelec. 2005. “Neuroeconomics: How Neuroscience Can Inform Economics”. Journal of Economic Literature, vol.43 n°1, pp.9-64.
  • En ligneChoi James, David Laibson, Brigitte Madrian, and Andrew Metrick. 2002. “Defined Contribution Pensions: Plan Rules, Participant Decisions, and the Path of Least Resistance”. Tax Policy and the Economy, n°16, pp.67-114.
  • Claeys Gregory. 2013. Mill and Paternalism. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Damasio Antonio.2004. Looking for Spinoza. Joy, Sorrow and the Feeling Brain. London: Vintage.
  • Doris John M. 2002. Lack of Character. Personality and Moral Behavior. New York: Cambridge University Press.
  • Dworkin Gerald. 1971. “Paternalism”. In Joel Feinberg and Hyman Gross Philosophy of Law, pp. 209-219. Belmont: Wadsworth Publishing Company.
  • Dworkin Gerald. 1972. “Paternalism”. The Monist, n°1, pp.64-84.
  • Dworkin R.M. 1978. Taking Rights Seriously. Harvard: Harvard University Press.
  • Economist (The). 2006. “The new paternalism”. The Economist, 6th April.
  • Feinberg Joel. 1983. “Legal Paternalism”. In Rolf Sartorius (ed.), Paternalism, pp.3-18. Minneapolis: University of Minnesota Press.
  • Feinberg Joel. 1986. Harm to Self: The Moral Limits of the Criminal Law. New York: Oxford University Press.
  • Feinberg Joel. 1989. The Moral Limits of the Criminal Law: Volume 3: Harm to Self. New York: Oxford University Press.
  • Gert Bernard and Charles M. Culver. 1976. “Paternalistic Behavior”. Philosophy and Public Affairs, vol.6 n°1, pp.45-57.
  • En ligneGert Bernard and Charles M. Culver. 1979. “The Justification of Paternalism”. Ethics, vol.89 n°2, pp.199-210.
  • Holt Jim. 2006. “The New, Soft Paternalism”. The New York Times, 3rd December.
  • En ligneIsen A.M. and P.F. Levin. 1972. “Effect of Feeling Good on Helping: Cookies and Kindness”. Journal of Personality and Social Psychology, n°21, pp.384-388.
  • En ligneJolls Christine, Cass R. Sunstein, and Richard Thaler. 1998. “A Behavioral Approach to Law and Economics”. Stanford Law Review, vol.50 n°5, pp.1471-1550.
  • Kahneman Daniel. 2011. Thinking, fast and slow. London: Allen Lane.
  • Kleinig J. 1983. Paternalism. Manchester: Manchester University Press.
  • En ligneLichtenstein S., and P. Slovic. 2006. The Construction of Preference. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Loewenstein George and Daniel Adler. 1995. “A Bias in the Prediction of Tastes”. The Economic Journal, vol.105 n°431, pp.929-937.
  • En ligneLoewenstein G., T. Brennan, K. G. Volpp. 2007. “A Symmetric paternalism to improve health behaviors”. Journal of the American Medical Association, vol.298 n°20, pp.2415-2417.
  • Loewenstein George, F. and Emily Haisley. 2008. “The Economist as Therapist: Methodological Ramifications of ‘Light’ Paternalism”. In Andrew Caplin and Andrew Schotter (eds.), The Foundations of Positive and Normative Economics. A Handbook, pp. 210-245. New York: Oxford University Press.
  • En ligneMadrian Brigitte C. and Dennis F. Shea. 2001. “The Power of Suggestion: Inertia in 401(k) Participation and Savings Behavior”. The Quarterly Journal of Economics, vol.116 n°4, pp.1149-1187.
  • Mead L.M. 1997. The New Paternalism: Supervisory Approaches to Poverty. Washington: Brookings Inst Press.
  • Mill John Stuart. 1989. On Liberty and other writings. Edited by Raymond Geuss and Quentin Skinner, Cambridge Texts in the History of Political Thought. Cambridge: Cambridge University Press.
  • Mlodinow Leonard. 2009. The Drunkard’s Walk: How Randomness Rules Our Lives. London: Penguin Books.
  • Nagel Thomas. 1970. The Possibility of Altruism. Princeton: Princeton University Press.
  • Rawls John. 1971. A Theory of Justice. Cambridge, Massachusetts: Harvard University Press.
  • Rizzo Mario J. 2009. “Little Brother Is Watching You: New Paternalism on the Slippery Slopes”. Arizona Law Review, vol.51 n°3, pp.685-739.
  • Sartorius R.E. 1983. Paternalism. Minneapolis: University of Minnesota Press.
  • En ligneShiffrin Seana Valentine. 2000. “Paternalism, Unconscionability Doctrine, and Accomodation”. Philosophy & Public Affairs, vol.29 n°3, pp.205-250.
  • En ligneSugden Robert. 2008. “Why incoherent preferences do not justify paternalism”. Constitutional Political Economy, vol.19 n°3, pp.226-248.
  • En ligneSunstein Cass R. and Richard H. Thaler. 2003. “Libertarian Paternalism Is Not an Oxymoron”. The University of Chicago Law Review, vol.70 n°4, pp.1159-1202.
  • En ligneThaler Richard H. 1980. “Toward a positive theory of consumer choice”. Journal of Economic Behavior & Organization, vol.1 n°1, pp.39-60.
  • En ligneThaler Richard H. and Cass R. Sunstein. 2003. “Libertarian Paternalism”. The American Economic Review, vol.93 n°2, pp.175-179.
  • Thaler Richard H. and Cass R. Sunstein. 2008. Nudge. Improving Decisions About Health, Wealth, and Happiness. New Haven & London: Yale University Press.
  • Tversky Amos and Daniel Kahneman. 1981. “The Framing of Decisions and the Psychology of Choice”. Science, vol.211 n°4481, pp.453-458.
  • Tversky Amos and Daniel Kahneman. 1986. “Rational Choice and the Framing of Decisions”. The Journal of Business, vol.59 n°4, pp.S251-S278.
  • En ligneVan DeVeer D. 1986. Paternalistic Intervention: The Moral Bounds of Benevolence. Princeton: Princeton University Press.
  • Wikler Daniel. 1979. “Paternalism and the Mildly Retarded”. Philosophy and Public Affairs, vol.8 n°4.

Classification JEL : A12, D64, I18, I31, K32

Mots-clés

Paternalisme, Comportementalisme, Ethique, Egalité, Autonomie

La responsabilité sociale des entreprises : un sursaut éthique pour combler un vide juridique ?

Sophie Swaton

Résumé

Malgré un succès contemporain qui pourrait faire croire à un concept très nouveau en sciences de gestion notamment, la responsabilité sociale des entreprises (RSE) est un concept apparu dans les années 1950. On peut donc s’interroger sur cette résurgence soudaine d’un concept suscitant des interprétations multiples et quelquefois contradictoires. Notre hypothèse est que la RSE, perçue dans une première dimension fonctionnelle et très actuelle, provient d’une lacune du droit matériel. Cette lacune pourrait également expliquer le glissement de niveau auquel on assiste dans l’évolution historique et conceptuelle de la RSE, saisie dans une deuxième dimension : le besoin de se chercher un fondement, dans l’éthique principalement puis dans la philosophie politique. Or, ce recours ne porte pas nécessairement les fruits espérés. Néanmoins, nous ne souhaitons pas en rester à une approche seulement critique. Partant d’une clarification du concept lui-même et des dimensions impliquées cet article vise à comprendre la résurgence et l’actualité du concept de RSE en mettant en exergue la dimension éthique peu convaincante en l’état mais dont un traitement plus complet permettrait de cerner les dimensions politique et juridique à valoriser.

Plan

  • Introduction
  • 1 -Genèse et fonctionnalité de la RSE : une mission controversée
    1. 1.1 -Naissance de la RSE et questionnement sur la mission de l’entreprise : les années 1950-1965
    2. 1.2 -Une responsabilité reconnue mais de nature économique : les années 1970-1980
    3. 1.3 -L’élargissement du périmètre des responsabilités : les années 1980-1990
  • 2 -À la recherche de fondements éthiques pour la RSE
    1. 2.1 -Définir et donner un contenu à la responsabilité
    2. 2.2 -« Un marché pour la vertu » ?
    3. 2.3 -Une interprétation en termes d’éthique culturelle
  • 3 -La RSE appréhendée à travers la philosophie politique
    1. 3.1 -Une approche institutionnelle de la RSE
    2. 3.2 -Les bases d’une éthique pour la RSE
    3. 3.3 -Une responsabilité partagée ?
  • Conclusion

Article

[L’article peut être lu en intégralité sur Cairn]

Références

  • Acquier, A., Gond, J.P. & Igalens, J. 2005. « Des fondements religieux de la responsabilité sociale de l’entreprise à la responsabilité sociale de l’entreprise comme religion », Centre de Recherche en Gestion, Toulouse, Cahier de recherche N° 2005 – 166, Mai.
  • Afnor. 2010. ISO 26000, Responsabilité sociétale, Afnor éditions.
  • Berland, N. et Loison, M.C. 2005. « Responsible Care et management durable : comportement volontaire ou réaction adaptative ? Généalogie et pratiques dans l’industrie chimique », Actes du 26 e congrès de l’AFC.
  • Berns, E. 2006. « Gouvernance, souveraineté, globalisation », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Bessire, D. 2006. « Sortir du face à face entreprise et parties prenantes », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Beck, U. 2001. La Société du risque : Sur la voie d’une autre modernité, Paris, Aubier.
  • Boltanski, L. et Chiapello, E. 2011. Le nouvel esprit du capitalisme, Paris : Gallimard.
  • Bonnafous-Boucher, M. 2006. « Décision stratégique et vitalité de la philosophie poli-tique des parties prenantes », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Bowen, H.R. 1953. Social responsibilities of the businessman, New-York : Harper and Row.
  • Bruntland, G. H., 1987, Commission mondiale sur l’environnement et le développement, Notre avenir à tous, Rapport préparatoire à la conférence de Rio de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU.
  • Capron, M. 2011. « La RSE peut-elle contribuer à la sortie de crise ? », in La Responsabilité Sociale de l’Entreprise, Nouvelle régulation du capitalisme ?, Postel N., Cazal D., Chavy F., Sobel R., (éd.), Lille : Presses Universitaires du Septendrion.
  • Capron, M. & Quairel-Lanoizelée, F. 2010. La responsabilité sociale des entreprises : Paris, La Découverte.
  • Carroll, A.B. 1979. “A three dimensional conceptual model of corporate performance”, Academy of Management Review, vol. 4, n° 4, 497-505.
  • Carroll, A.B. 1989. Business and Society, Cincinnati : South Western Publishing.
  • Carroll, A.B. 2009. “A History of Corporate Social Responsibility, Concepts and Practices”, in Handbook.
  • Castillo, J.-C. 2006. « Vers une notion intégrée de bonne gouvernance publique européenne », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Cazal, D. 2008 « Parties prenantes et RSE : des enjeux sociopolitiques au-delà des contrats », Revue de l’Organisation Responsable, vol. 3, n° 1, 12-23.
  • Clarkson, M. 1995. “A stakeholder Framework for analyzing and evaluating corporate social performance”, Academy of Management Review, vol. 20, n° 1, 92-117.
  • Commission européenne. 2001. Promouvoir un cadre européen pour la responsabilité sociale des entreprises. Livre vert.
  • Commitee for Economic Development (CED). 1971. Social Responsibilities of Business Corporations, New-York : CED.
  • En ligneDavis, K. 1973. “The Case for and against Business Assumption of Social Responsibities”, Academy of Management Journal, 16, 312-322.
  • En ligneDe Bakker, G. A., Groenwegen, P. & Den Hond, F. 2005. “A Bibliometric Analysis of 30 years of Research and Theory on Corporate Social Responsibility and Corporate Social Performance”, Business and Society, 44, 3, 283-317.
  • Donaldson, T. 2009. “The Transatlantic Paradox, how outdated concepts confuse the american / european debate about corporate governance”, in Handbook.
  • Donaldson, T. & Dunfee, T.W. 1999. Ties That Bind : A Social Contracts Approach to Business Ethics, Boston : Harvard Business School Press.
  • Dupuy, J.-P. 1999. Éthique et philosophie de l’action, Paris : Ellipses.
  • Eels, R. 1956. Corporate Giving in a Free Society, New-York : Harper.
  • El Akremi, A., Dhaoudi, I. & Igalens, J. 2008. « La responsabilité sociale de l’entreprise sous l’éclairage des critical management studies : vers un nouveau cadre d’analyse de la relation entreprise-sociéte », Finance Contrôle Stratégie, vol. 11, n° 3, 65-94.
  • Elkington, J. 1997 Cannibals with Forks : The triple bottom line of 21 st Century Business, Oxford : Capstone Publishing.
  • Evan, W. & Freeman, E. 1993. « A stakeholder theory of the modern corporation : Kantian capitalism », in Beauchamp T. et Bowie N., Ethical theory and business, Englewood Cliffs : Prentice Hall.
  • Ewald, F. 1997. « L’expérience de la responsabilité », Qu’est-ce qu’être responsable ?, Auxerre, Sciences humaines communication, 57-81.
  • Fleurbaey, M. 2006. Capitalisme ou démocratie ?, Paris : Grasset.
  • En ligneFrederick, W. 1960. “The Growing Concern over Business Responsability”, California Management Review, 2, 54-61.
  • Frederick, W. 2006. Corporation Be Good : The Story of Corporate Social Responsability, Indianapolis : Dog Ear Publishing.
  • Freeman, R. E. 1984. Strategic management. A Stakeholder Approach, Boston : Pitman.
  • En ligneFreeman, R. E. 1994, « The politics of stakeholder theory », Business Ethics Quarterly, vol. 4, n° 4, p. 409-421.
  • Friedman, M. 1970. « The responsability of business is to increase its profits », New York Times Magazine, vol. 33, 122-126.
  • Gond, J.-P. & Igalens, J. 2010. La responsabilité sociale des entreprises, Paris : « Que Sais-Je ? », P.U.F.
  • Guibet Lafaye, C. & Picavet, E. 2010. « Présentation », Revue de métaphysique et de morale, 3, n° 67, p291-292.
  • Habermas, J., 1987, Morale et communication, Paris : Cerf.
  • Habermas, J., 2003, L’éthique de la discussion et la question de la vérité, Paris : Grasset.
  • Hayek, F. 2007 (1967). Essais de philosophie, de science politique et d’économie, Paris : Les Belles Lettres.
  • Handbook of Corporate Social Responsibility. 2009. Crane, A., Mc Williams, A., Matten, D., Moon, J., Siegel, D. (eds.), New York : Oxford University Press.
  • En ligneHeald, M. 1957. « Management’s Responsibility to Society : The Growth of an idea », Business History Review, 31, 375-384.
  • Heald, M. 1970, The Social Responsibilities of Business : Compagny and Community, 1900-1960, Cleveland : The Press of Case Western Reserve University.
  • Jones, T.M. 1995. « Instrumental Stakeholder Theory : a Synthesis of Ethics and Economics », Academy of management Review, avril 20/2, 404-437.
  • Jounot, A. 2010. RSE et Développement durable, Afnor.
  • En ligneKlonoski, R. J. 1991. “Foundational Considerations in the Corporate Social Responsability Debate”, Business Horizons, 34 (4), 9-18.
  • Kupper, F. 2011. « La RSE dans l’œil de la théorie hayékienne », in La Responsabilité Sociale de l’Entreprise, Nouvelle régulation du capitalisme ?, Postel N., Cazal D., Chavy F., Sobel R., (éd.), Lille : Presses Universitaires du Septendrion.
  • Laville, E. 2009. L’entreprise verte, Paris : Pearson Education France.
  • Lenoble, J. & Maesschalck, M. 2009. L’Action des normes, Eléments pour une théorie de la gouvernance, Sherbrooke : Les Éditions de la Revue de Droit de l’Université de Sherbrooke.
  • Lépineux, F. 2006. « Théorie normative des parties prenantes et cohésion sociale », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Levitt, T. 1958. “The dangers of social responsability”, Harvard Business Review, 41- 50.
  • En ligneLockett, A., Moon, J. & Visser, W. 2006. “Corporate Social Responsability in Management Research : Focus, Nature, Salience and Sources of Influence”, Journal of Management Studies, 43, 1, 115-136.
  • Maréchal, J.-P. 2011. « RSE : Les illusions dangereuses », in La Responsabilité Sociale de l’Entreprise, Nouvelle régulation du capitalisme ?, Postel N., Cazal D., Chavy F., Sobel R., (éd.), Lille : Presses Universitaires du Septendrion.
  • Margolis, J. D. & Walsh, J. P. 2003. “Misery Loves Companies : Rethinking Social Initiatives by Business”, Administrative Science Quarterly, 48 : 268-305.
  • En ligneMarens, R. 2004. “Wobbling on a One – Legged Stool : The Decline of American Pluralism and the Academic Treatment of Corporate Social Responsability”, Journal of Academic Ethics, 2, 63-87.
  • Melé, D. 2009. “Corporate Social Responsibilies Theories”, in Handbook.
  • Mercier, S. 2004. L’éthique dans les entreprises, Paris : La Découverte.
  • Mercier, S. 2006, « La théorie des parties prenantes : une synthèse de la littérature » in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Merlin-Brogniart, C. & Depret, M.-H. 2011. « La responsabilité globale des entreprises du service public marchand : Vers un élargissement de la notion de responsabilité sociale et environnementale », in La Responsabilité Sociale de l’Entreprise, Nouvelle régulation du capitalisme ?, Postel N., Cazal D., Chavy F., Sobel R. (éd.), Lille : Presses Universitaires du Septendrion.
  • Mitchell, R. K, Agle, B. R & Wood, J.D. 1997. “Toward a Theory of Stakeholder Identification and Salience : Defining the Principle of Who and What Really Counts”, The Academy of Management Review, Vol. 22, No. 4 (Oct. 1997), 853-886.
  • Moquet, A. C. & Pezet, A. 2005. « Les technologies de la responsabilité sociétale ou le mythe fait réalité – le cas Lafarge », Congrès de l’Association francophone de comptabilité, Lille, 11-13 mai.
  • Moriceau, J.-L. 2006. « Théorie des parties prenantes et figures dans visages » in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Mouffe, C. 1994. Le politique et ses enjeux. Pour une démocratie plurielle, Paris : La Découverte/ Mauss.
  • Muirhead, S. 1999. Corporate Contributions : The View from 50 Years, New-York : McGraw-Hill.
  • Murphy, P. E. 1978. “An evolution : Corporate Social Responsiveness”, University of Michigan Business Review, nov.
  • Osty, F. 2009. « Une tentative de re-légitimation de l’entreprise », Sociologie Pratiques, Paris : P.U.F., n°18, 31-38.
  • Pesqueux, Y. 2006. « Pour une évaluation critique de la théorie des parties prenantes », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Philips, R. A. 2003. Stakeholder Theory and Organizational Ethics, San Francisco : Berret-Koehler Publishers Onc.
  • Polanyi, K. 1983. La Grande Transformation, Aux origines politiques et économiques de notre temps, Paris : Gallimard.
  • Postel, N. & Sobel, R. 2001. « Le capitalisme n’est pas soluble dans les parties prenantes », in La Responsabilité Sociale de l’Entreprise, Nouvelle régulation du capitalisme ?, Postel N., Cazal D., Chavy F., Sobel R. (éd.), Lille : Presses Universitaires du Septendrion.
  • Postel, N. & Rousseau, S. 2006. « La responsabilité sociale et environnementale des entreprises : une reconfiguration du rapport salarial fordiste ? », Économie appliquée, LIX, n° 4, 77-104.
  • Quairel, F. 2006. « L’influence des parties prenantes sur les dispositifs de notation sociale », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Rawls, J. 1971. Théorie de la justice, trad. fr. C. Audard, Paris : Seuil, 1987.
  • Rendtorf, J. D. 2006. « Des principes de justice pour les parties prenantes », in Décider avec les parties prenantes, Bonnafous-Boucher M. et Pesqueux Y. (éd.), Paris : La Découverte.
  • Reynaud, E. 2011. Le développement durable au cœur de l’entreprise, Paris : Dunod.
  • Samuelson, P. A. 1971. “Love that Corporation”, Mountain Bell Magazine, spring.
  • En ligneScherer, A.G. & Palazzo, G. 2007. “Toward a Political Conception of Corporate Responsibility : Business and Society Seen from a Habermasian Perspective”, Academy of Management Review, 32(4), 1096-1120.
  • Revue de philosophie Économique. Juin 2008. Vol. 9, n° 1, La démocratie d’entreprise, numéro coordonné par Gosseries A. et Ponthière G.
  • Selekman, B. 1959. A Moral Philosophy for Business, New-York : McGraw-Hill.
  • Solomon, R. & Hanson, K. R. 1989 La Morale en affaires, clé de la réussite, Paris, Éditions d’organisation.
  • Swaton, S. 2011. Une entreprise peut-elle être sociale dans une économie de marché ?, De l’Hèbe, La Question, n° 72.
  • Vallaeys, F. 2013. Pour une vraie responsabilité sociale. Clarifications, propositions, Paris : P.U.F.
  • Vincent, N., van de Poel & van den Hoven (eds.). 2011. Moral Responsibility : Beyond Free Will and Determinism, Dordrecht : Springer.
  • Vogel, D. 2008. Le marché de la vertu, Paris : Economica.
  • Walton, C. C. 1967. Corporate Social Responsibilities, Belmont, Caif. : Wadsworth Publishing Co, Inc.
  • Wren, D. A. 2005. The History of Management Thought, 5th ed, Hoboken, NJ : John Wiley & Sons, Inc.

Mots-clés

Responsabilité, Ethique, Parties prenantes, Contrats, Normes, Délibération

Une source philosophique de la pensée économique de Carl Menger : L’éthique à Nicomaque d’Aristote

Gilles Campagnolo

Résumé

L’influence des écrits d’Aristote sur la pensée de Carl Menger a souvent été évoquée par les historiens de la pensée économique, de Kraus à Barry Smith. Le livre V de l’Éthique à Nicomaque contient en effet les prémisses de la question de la valeur que reprit le fondateur de la pensée  » autrichienne  » (de Böhm-Bawerk à Hayek). La preuve philologique formelle de ce rapprochement se trouve dans la correspondance stricte qui existe entre les notes manuscrites de Menger sur sa copie de l’Éthique à Nicomaque et ses propres Grundsätze der Volkswirtschaftslehre (1871). La théorie de Menger, qui fait de la valeur une évaluation subjective strictement individuelle, accepte la théorie de l’essence et l’échelle aristotélicienne des biens fondée sur le triptyque antique « survivre- vivre / bien-vivre”. Son concept grec reparaît chez Menger dans l’attribution par l’agent d’une valeur aux divers biens qui peuvent satisfaire ses besoins (Bedürfnisbefriedigung). L’enquête de « première main » que nous avons menée sur les textes de l’exceptionnel Fonds Menger conservé au Japon éclaire cette source par la lecture que fit Menger des textes antiques et des annotations qu’il y porta. Elle offre également une piste d’éclaircissement des divergences existant entre l’ouvrage publié en 1871 et sa seconde édition (posthume, 1923) par son fils, le mathématicien Karl Menger. La relecture mengérienne de l’Éthique à Nicomaque constitue ainsi l’occasion d’un véritable examen du work in progress de la pensée de Carl Menger.

Mots-clés

Aristote, Ecole autrichienne, éthique, Menger (Carl), subjectivisme, théories de la justice, valeur

La question du bonheur : L’éthique de la joie, Robert Misrahi

Résumé

Les philosophes n’accordent plus guère aujourd’hui à la question du bonheur toute l’attention qu’elle mérite sauf pour dire qu’elle n’a aucun intérêt et ce terme n’appartient plus au vocabulaire des économistes qui lui préfèrent celui de bien-être qu’ils considèrent moins chargé métaphysiquement. Pourtant la disparition de cette question semble être largement liée à la diffusion d’une anthropologie philosophique particulière que rien ne semble pourtant imposer d’évidence. Les philosophes et les économistes conçoivent les individus comme des êtres mus par un désir qu’ils définissent, à la suite de Platon, comme un manque à combler. Se faisant, ils ne pouvaient que déboucher, comme l’avait bien vu Hobbes et Pascal, sur un pessimisme philosophique et une éthique minimaliste. En définissant le désir comme puissance, et non plus comme espérance, Misrahi, à la suite d’Aristote et Spinoza, insuffle un nouvel élan à la philosophie morale qui débouche sur une éthique de la joie praticable. Cet article veut montrer l’importance que devrait avoir l’œuvre de Robert Misrahi pour l’économiste lorsqu’il abandonne ses domaines traditionnels d’investigation pour s’intéresser aux problèmes normatifs et plus particulièrement d’éthique. Pour cela, dans une longue introduction, l’œuvre de Misrahi est replacée dans son contexte intellectuel. Puis, dans une première section, sont étudiés les origines, les fondements et la méthode de son éthique de la joie. Enfin, dans une seconde section, est dénoncée la thèse de la double transparence qui l’imprègne sans que pour autant elle en obère les gains potentiels.

Mots-clés

bonheur, désir, éthique, herméneutique, identité, phénoménologie, sujet

Classification JEL : A12, A13, B40