Do markets foster selfishness?

L’agent économique est souvent par définition considéré comme un pur égoïste. Plus encore, son utilité est définie sur ce qu’il consomme et elle est considérée comme monotone – ce que nous appelons être « égoïste ». Dans cet article, nous nous intéressons à l’hypothèse selon laquelle le marché conduit les individus à être égoïstes. Nous avançons tout d’abord que la théorie économique n’est pas limitée à considérer des agents économiques égoïstes mais qui peuvent également faire des choix fondés sur d’autres motivations, par exemple des agents qui ont des préférences altruistes envers les autres. Dans une deuxième partie de cet article, nous discutons plusieurs expériences en économie qui traitent des conditions dans lesquelles les préférences altruistes peuvent se manifester. Dans ce contexte, nous discutons en particulier trois aspects: la concurrence, la complétude des contrats et la différence entre l’argent gagnée et l’argent inattendue (ou « windfall money »). Ces trois facteurs, sous des circonstances particulières, semblent contribuer à l’observation de comportements plus égoïstes. Nous concluons que le fait de gagner de l’argent par sa propre activité et la responsabilité jouent un rôle spécifique dans la prévalence des comportement égoistes.

Sélection naturelle ou volonté de puissance : comment interpréter le processus de destruction créatrice ?

La délicate mise en rapport de la philosophie nietzschéenne et de l’économie est d’une pratique récente. Dans ce contexte, cet article est motivé par l’introduction du traitement nietzschéen de la « destruction créatrice » en économie et la manière de justifier philosophiquement cette référence. Pour cela, nous mettons en concurrence les interprétations évolutionnistes et nietzschéennes de la destruction créatrice. Ces deux métaphores nous semblent difficilement conciliables et nous avançons des arguments en faveur de la volonté de puissance, contre la lutte pour la vie, pour mieux interpréter le mécanisme de destruction créatrice.

La rivalité, le pouvoir et les discours de la paix et de la guerre. Quand les discours exhumés par Foucault interpellent l’économie politique

La question de la rivalité, de la concurrence, de la violence économique, voire de la guerre économique n’est pas nouvelle. Y sont confrontées depuis la naissance de l’économie politique les théories de l’organisation marchande. Le point de départ du texte est l’intuition selon laquelle l’analyse économique doit pouvoir développer des instruments d’analyse, proprement économiques, de la rivalité sociale pour justifier sa prétention heuristique. L’objet du texte est d’apprendre d’une des pensées contemporaines les plus fortes, celle de Foucault, comment la société vit et lit la rivalité. Nous montrons comment le renouvellement qu’elle opère de l’analyse du pouvoir éclaire la question de la rivalité sociale, et permet de dépasser les limites de l’approche classique de la question, celle de Marx. Nous déduisons de ces limites, à la lumière des enseignements foucaldiens, quelques pistes pour développer une approche économique de la rivalité.