Quelques souvenirs de John Rawls

Ces lignes relatent, en résumé, la partie scientifique de près de quarante années de discussions avec John Rawls. Leur intérêt, si elles en ont un, peut provenir de trois contributions. D’une part, cette relation montre la genèse des concepts et de la pensée de John Rawls. D’autre part, elle implique une critique de ces concepts, en montrant la façon dont John Rawls faisait face à celle-ci. Enfin, cette description fait ressortir un aspect essentiel de l’histoire de la philosophie politique, la singularité de la pensée anglo-saxonne en ce domaine, face au reste du monde et notamment à la pensée développée en France. Rawls est d’abord le philosophe qui aura remis la philosophie politique anglo-saxonne sur le chemin de la normalité fondée sur la liberté et l’égalité après deux siècles de dogmatisme benthamien.

L’hétérogénéïté des mécanismes spontanés et ses implications pour la lecture de Hayek

Selon Friedrich Hayek, la conformité à la règle de droit (the rule of law) se porterait garante de l’existence d’une société libre, c’est-à-dire d’une société gouvernée par la loi et non par les hommes. Le but de cet article est premièrement de clarifier l’interprétation de la règle de droit susceptible d’accréditer cette thèse de Hayek et, deuxièmement, d’examiner dans quelle mesure cette interprétation peut rendre compte des critères — spécialement des critères de nature économique — auxquels Hayek fait lui-même appel lorsqu’il s’agit de juger de l’acceptabilité des lois. Nous concluons que l’usage de certains de ces critères ne relève pas d’une conception systématique du droit et que, loin de confirmer le rôle déterminant de la règle de droit, il cautionne plutôt l’arbitraire de ceux qui font les lois.

La loi de la liberté

Selon Friedrich Hayek, la conformité à la règle de droit (the rule of law) se porterait garante de l’existence d’une société libre, c’est-à-dire d’une société gouvernée par la loi et non par les hommes. Le but de cet article est premièrement de clarifier l’interprétation de la règle de droit susceptible d’accréditer cette thèse de Hayek et, deuxièmement, d’examiner dans quelle mesure cette interprétation peut rendre compte des critères — spécialement des critères de nature économique — auxquels Hayek fait lui-même appel lorsqu’il s’agit de juger de l’acceptabilité des lois. Nous concluons que l’usage de certains de ces critères ne relève pas d’une conception systématique du droit et que, loin de confirmer le rôle déterminant de la règle de droit, il cautionne plutôt l’arbitraire de ceux qui font les lois.