L’économie, d’une rive à l’autre

Yûichi Shionoya, traduit par Kaori Kasaï

La société s’incorpore l’économie. Comment celle-ci se développe au sein de celle-là, c’est ce qui change en fonction de la manière dont se produit cette intégration. Le schème de la philosophie économique, telle que je la conçois, peut alors être présenté à travers la métaphore suivante : imaginons l’économie comme un grand fleuve ; sur la rive proche, des institutions sociales se dressent, alignées comme autant de « fondamentaux de l’économie », tandis que, sur l’autre rive, on trouve divers « produits de la civilisation », qui sont, en d’autres termes, comme les « finalités de l’économie ». Il y a aussi des « idées » pour relier, comme autant de liaisons plus stables, ces mécanismes « institutionnels » à ces fruits, ou produits, de notre « civilisation ». À mon avis, la philosophie économique a pour devoir de réfléchir à la nature de ces trois catégories de l’économie, à savoir les « institutions », la « civilisation » et ces « idées » : la philosophie économique ne peut pas se contenter d’observer seulement les mécanismes selon lesquels une économie fonctionne.

Les peuples de l’Antiquité, ceux des bassins du Tigre et de l’Euphrate en Mésopotamie, ceux de l’ancienne Égypte dans la vallée du Nil, ceux de Chine le long du Fleuve jaune, purent profiter d’un sol fertile et rendre leur agriculture plus productive qu’ailleurs, élargir la sphère de leurs échanges commerciaux et, au final, enfanter des civilisations. Et leur préoccupation constante était donc d’aménager le cours des eaux qui irriguaient leurs terres ou qui leur servaient au transport de toutes choses, car ces fleuves étaient la source qui leur procurait en abondance de quoi élever leur bétail et cultiver leurs terres… [Lire la suite sur Cairn]

Plan

  1. Les fondements de l’économie
  2. L’ultima ratio de l’économie
  3. Mettre en conformité les idées des valeurs et le système de l’État-Providence
  4. Plan du présent ouvrage